Les maladies rétiniennes héréditaires (MRH) sont une cause majeure de cécité dans le monde, et la thérapie génique devient une option prometteuse pour traiter ce groupe de maladies. Le remplacement ou l'édition de gènes, via des vecteurs viraux ou non viraux, a été appliqué avec succès et développé pour la recherche et l'usage commercial dans les maladies rares. Parmi ces vecteurs, l'AAV est le plus utilisé pour la thérapie génique oculaire grâce à sa nature non pathogène, son efficacité de transduction et sa capacité à transduire divers types cellulaires. Depuis les années 1990, le transfert génique oculaire médié par AAV a été exploré dans des modèles animaux pour traiter les maladies oculaires héréditaires par supplémentation ou édition génique, menant aux essais cliniques.Bien que l'œil soit considéré comme un site immunologiquement privilégié, des études animales et des essais cliniques ont montré que les thérapies géniques oculaires par AAV peuvent induire des réponses immunitaires contre la capside virale et/ou le produit du transgène, ce qui peut compromettre la sécurité et l'efficacité du traitement. Lors des essais cliniques, un suivi immunitaire et des traitements immunosuppresseurs sont mis en place pour suivre et réduire ces effets. Toutefois, la variabilité interindividuelle des réponses immunitaires chez les patients, ainsi que l'absence de protocoles standardisés d'immunosuppression, compliquent l'optimisation de la thérapie. De plus, les facteurs contribuant à cette variabilité, tels que l'inflammation locale, les cellules T et les anticorps dirigés contre les AAV ou les produits transgéniques, sont encore mal compris. La capacité limitée de l'AAV restreint son usage pour les gènes de grande taille, le système CRISPR- Cas9, administré par AAV ou via des complexes ribonucléoprotéiques (RNP), constitue une stratégie prometteuse pour traiter les MRH.Toutefois, la réponse immunitaire peut limiter cette approche, car Cas9 est d'origine bactérienne. Les mécanismes et facteurs régulant cette réponse restent mal compris.Pour aborder ces questions, nous avons administré des vecteurs AAV par voie sous-rétinienne chez des souris syngéniques dans des conditions biologiques et expérimentales constantes. Nous avons ensuite évalué plusieurs paramètres immunitaires, incluant la production d'anticorps, la réponse des cellules T, l'inflammation locale et la sécrétion de cytokines, afin d'identifier d'éventuelles corrélations. Nos résultats ont mis en évidence une variabilité interindividuelle des réponses immunitaires dirigées contre l'AAV et le produit transgénique dans le modèle murin, similaire aux observations faites chez les patients et les primates non humains (PNH). Nous avons ensuite mené des analyses de l'inflammation locale induite par l'injection d'AAV-Cas9 ou de RNP chez des souris de type sauvage (WT) et des souris pathologiques, en utilisant le séquençage ARN. Une inflammation chronique a été observée chez les souris injectées avec l'AAV, tandis qu'une inflammation aiguë a été détectée chez celles ayant reçu les RNP. Les souris pathologiques ont développé une inflammation plus marquée que les souris WT.
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Duohao Ren (Wed,) studied this question.
Duohao Ren
Centre National de la Recherche Scientifique
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