Cette thèse comprend trois chapitres mesurant les effets durables de chocs adverses, des effets d’hystérèse. Les trois chapitres sont des travaux d’économie empirique s'appuyant sur des bases de données administratives françaises. Le premier chapitre étudie les conséquences individuelles à long terme des récessions de la fin des années 1970. En suivant tout au long de leur vie les membres d’une cohorte (1957-1974), le chapitre montre qu’il existe un lien entre la résidence pendant l’enfance et le revenu à l’âge adulte. Les enfants qui se trouvaient au 75e percentile d’exposition en 1975 gagnent, en 2018 encore, 6% de moins que les individus ayant des caractéristiques familiales similaires mais qui vivaient au 25e percentile d’exposition. Le second chapitre (écrit avec C. Hémet el C. Malgouyres) étudie des travailleurs licenciés en France (2002 à 2012) et documente l’importance de la réallocation entre firmes pour expliquer leurs pertes de revenus à long-terme. Celle-ci est aussi favorable à la productivité, ce qui semble s'expliquer par une réallocation vers des firmes où les conditions de négociation collective sont relativement moins favorables aux travailleurs. Enfin, le dernier chapitre (écrit avec C. Brébion, S. Briole cl L. Khoury) étudie les inégalités de mortalité en France lors des premières vagues de la pandémie de Covid. Au cours de l’année 2020, les communes les plus pauvres ont connu une augmentation de 30% de la surmortalité. L’exposition par l’emploi et les conditions de logement sont des déterminants majeurs, même si leur rôle respectif varie dans le temps.
Paul Brandily (Fri,) studied this question.