Les documents produits par l’Église catholique pour traiter un « abus » du sacré n’ont pas les violences sexuelles pour objet. Ainsi, les dossiers de l’Inquisition pour « sollicitation » poursuivent l’abus de la confession : le confesseur qui incite une personne à des « actes honteux » (sexuels) abuse du sacrement, non d’une personne. Or, avant les témoignages récents des personnes victimes, l’histoire des violences repose sur ces traces indirectes des faits. Le passage de l’abus à la violence, souvent rapide, manque d’une méthode partagée. Dans cet article, je propose trois critères pour identifier les violences sexuelles commises par des clercs dans des dossiers pour sollicitation : le non-consentement, la dépendance oppressive au confesseur, qui force la résignation aux actes sexuels, et la reconnaissance par l’entourage. Ces critères, appliqués aux 191 procédures pour sollicitation devant l’Office de Modène, entre 1605 et 1727, et à 360 relations de direction spirituelle, permettent d’attester 121 cas de violences sexuelles autour de la confession. Je porte enfin un nouveau regard sur la médiation, méconnue quand un clerc est auteur de violences. Un arrangement advenu en 1717 est étudié pour comprendre comment le silence se fait, en famille et dans l’Église, après le viol répété d’une jeune femme par son curé. Les outils présentés visent à lancer des recherches coordonnées, pouvant s’appliquer à tous les contextes méditerranéens et impériaux où l’Inquisition a juridiction.
Marie Lezowski (Sun,) studied this question.
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