L’exclusion de tous les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de psychose de la recherche sur les thérapies psychédéliques soulève d’importantes questions éthiques. Après avoir résumé l’imbrication et la séparation historiques de la recherche sur les psychédéliques et la psychose dans la psychiatrie occidentale, j’aborde certaines des raisons cliniques et socioculturelles importantes pour lesquelles les antécédents personnels ou familiaux de psychose sont devenus un critère d’exclusion standardisé dans presque toutes les recherches contemporaines sur les psychédéliques. Tout en reconnaissant qu’une grande prudence s’impose, je soutiens que l’exclusion des patients ayant des antécédents de psychose entraîne des préjudices importants en matière de sécurité, d’accessibilité, d’autonomie et d’équité. En m’appuyant sur le cas paradigmatique de l’exclusion généralisée des personnes enceintes de la recherche sur les médicaments, je soutiens que, plutôt que de prévenir les conséquences néfastes, une approche protectionniste et exclusionniste redistribue ces préjudices d’une manière éthiquement problématique. Les personnes ayant des antécédents de psychose méritent un accès équitable aux avantages de la recherche sur les thérapies psychédéliques. La production de données plus solides sur la sécurité, de recommandations posologiques et de directives thérapeutiques pour ce groupe améliorera la pratique clinique et réduira de manière générale les préjudices liés aux psychédéliques. J’explore également la littérature scientifique croissante qui suggère que les nouvelles thérapies psychédéliques pourraient jouer un rôle dans le traitement de la psychose, en particulier dans le cas des symptômes négatifs de la schizophrénie pour lesquels des traitements efficaces sont nécessaires de toute urgence. Enfin, je critique la pratique dominante d’exclusion liée à la psychose et défends l’idée qu’il est éthiquement impératif de mener des recherches cliniques prudentes sur les psychédéliques impliquant des personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de psychose. L’adoption d’une approche plus inclusive de la recherche sur les psychédéliques permettrait en fin de compte d’améliorer la sécurité, d’accroître l’accès, de réduire les inégalités et de prévenir les dommages à long terme causés par l’exclusion généralisée.
Khaleel Rajwani (Thu,) studied this question.
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