Objectif Les relocalisations préventives sont utilisées pour limiter les risques des aléas météorologiques, comme des inondations. Si ces pratiques sont appelées à s’accroître dans le contexte des changements climatiques, leurs effets sur la santé et le bien-être des personnes qui les vivent demeurent peu documentés au Québec. Ce manque d’information pourrait contribuer à des pratiques d’accompagnement inadéquates des individus vivant ces relocalisations. Cet article présente les résultats d’une étude qui s’est intéressée aux moyens pris par des hommes propriétaires, sinistrés des inondations majeures de 2019 au Québec, pour s’adapter aux différentes étapes ayant mené à la démolition de leur maison et leur relocalisation. Méthode Treize hommes de 2 municipalités voisines de la région de Chaudière-Appalaches ont été rencontrés lors d’entretiens semi-dirigés et d’une entrevue de validation des résultats en groupe, près de 3 ans après les inondations majeures de 2019 ayant touché plusieurs régions du Québec. Ils ont été amenés à partager leur expérience de démolition du domicile postinondation et ont été questionnés sur les stratégies qu’ils ont employées pour faire face aux changements occasionnés. Résultats Le processus adaptatif des participants s’est avéré dynamique, caractérisé par le déploiement de stratégies diverses tout au long de leur expérience pouvant se diviser en 4 phases : 1) le moment de l’inondation ; 2) les démarches administratives qui l’ont suivie ; 3) la démolition de leur maison ; 4) leur relocalisation. Se préparer à l’arrivée de l’inondation, évacuer son domicile pour assurer sa sécurité et celle de ses proches ou, au contraire, y rester pour limiter les dégâts, modifier ses habitudes alimentaires et recourir à de l’aide physique provenant de son entourage ont été des stratégies principalement utilisées lors de l’inondation. La prise d’informations auprès des instances gouvernementales et municipales, l’obtention de soutien administratif du partenaire de vie et la rumination ont été prédominantes lors des démarches administratives, alors que l’évitement, l’identification d’un foyer d’appartenance temporaire et l’usage de pensées optimistes et prospectives ont été prédominants dans la phase démolition du domicile. Pour faciliter leur relocalisation, des participants ont repoussé leur retraite ou utilisé des épargnes prévues pour celle-ci, réutilisé des biens et matériaux du domicile inondé dans leur nouvelle résidence et établi des relations avec leur nouveau voisinage, bien que certains ont préféré éviter les contacts. Les réponses comportementales ont été davantage adoptées que celles intra-individuelles, ces dernières étant cognitives et émotionnelles. Des processus psychologiques, comme l’évaluation des coûts et bénéfices liés à une décision ou une action, ont également influencé l’adaptation des participants. Conclusion Cette étude contribue à une meilleure compréhension de l’adaptation des hommes touchés par la démolition de leur domicile postinondation et permettront de guider les actions visant à accroître leur bien-être et leur fonctionnement.
Turmel et al. (Wed,) studied this question.