Les micro-refuges ont joué un rôle essentiel dans la persistance des espèces végétales face aux changements climatiques passés. De la même manière, ils pourraient modérer les conséquences du réchauffement actuel sur la survie des espèces, et constituer des territoires d’ultime persistance pour les espèces menacées. Les micro-refuges bénéficieraient de conditions microclimatiques particulières, telles que des différences absolues de température avec le paysage environnant (effet tampon) et une décorrélation de leur régime climatique par rapport aux tendances mesurées à l'échelle globale (effet de découplage). Nombre d’études ont permis d’identifier et de quantifier l’influence de multiples facteurs topographiques et forestiers pouvant influencer le microclimat. Toutefois, l’existence d’un microclimat spécifique au sein des microrefuges actuels n’est qu’hypothétique, et une caractérisation fine du fonctionnement de ces micro sites si particuliers en reste crucial. L’objectif de la thèse vise à (I) quantifier les potentialités de persistance des espèces menacées par le changement climatique en région Sud-PACA grâce à la prise en compte du microclimat, (II) faire le lien entre micro-refuge et microclimat, (III) étudier le potentiel des micro-refuges sur le long terme à conserver la flore menacée par le réchauffement du climat et l’intensification d’évènements extrêmes. Pour répondre au premier objectif, nous avons identifié les espèces végétales menacées par le changement climatique dans la région Sud-PACA en modélisant la réponse de leurs populations sur la base de grilles macro climatiques. 329 espèces pourraient ainsi perdre l’ensemble de leurs populations régionales d'ici 2070-2100 selon les scénarios modérés. En considérant l’hétérogénéité microclimatique liée à la couverture forestière et à la topographie, ce chiffre diminue de 39 %, ce qui suggère que 129 espèces pourraient partiellement persister jusqu'à la fin du siècle. Les sites de persistance potentielle se trouvent principalement sur les versants exposés au nord et dans des canyons et gorges à haute altitude, remettant en question le rôle des sommets comme sites d'ultime persistance. Une seconde étude a permis de démontrer l’existence d’un microclimat spécifique au sein des micro-refuges d’une espèce circumboréale, en limite chaude de répartition dans la région, Oxalis acetosella L. Les résultats révèlent des différences significatives de température entre les micro-refuges et les sites environnants, avec des variations pouvant atteindre 1,6 °C pour les températures maximales en été. Les micro-refuges situés dans des dépressions topographiques présentent des microclimats d'autant plus favorables. Les cortèges végétaux répondent clairement à ces contrastes microclimatiques, avec la présence d'espèces à optima plus froids et plus humides dans les micro-refuges. La troisième étude a quant à elle établi l’existence de découplages climatiques des micro refuges d’Oxalis, ainsi que d’Arabis alpina L., espèce à répartition articoalpine dont les populations marginales régionales sont également indicatrices de micro refuges. Ce découplage au paysage avoisinant et aux stations météorologiques les plus proches se maintient également lors de vagues de chaleur. Les micro refuges maintiennent donc des conditions climatiques plus stables et moins soumises aux variations extrêmes, avec des températures plus modérées et un taux d'humidité plus élevé, renforçant ainsi leur rôle de refuge pour les espèces végétales sensibles. En conclusion, cette recherche apporte des contributions significatives à la compréhension des micro refuges et de leur rôle crucial dans la conservation des espèces végétales face au changement climatique. Les résultats soulignent l'importance de considérer les échelles microclimatiques pour évaluer la vulnérabilité et la persistance des populations végétales dans les écosystèmes méditerranéens confrontés à des conditions climatiques de plus en plus hostiles
Marie Finocchiaro (Mon,) studied this question.