La couverture santé universelle (CSU) est un important levier d’amélioration de la santé maternelle, mais les preuves causales sont encore trop peu nombreuses dans les pays du Moyen‐Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Dans cette étude, nous nous appuyons sur des données annuelles couvrant la période 2000‐2023 pour évaluer l’impact de l’extension de la CSU sur la mortalité maternelle au Maroc en faisant appel à une procédure de cointégration aux bornes basée sur un modèle autorégressif à retard échelonné ( Autoregressive Distributed Lag – ARDL). Nous estimons une fonction de production de santé en tenant compte du niveau d’études, de la fécondité, de l’urbanisation et des dépenses publiques de santé. Nos résultats montrent que l’extension de la CSU s’accompagne d’une diminution significative de la mortalité maternelle – l’élasticité à long terme s’établit à –0,179 (p < 0,001). D’après les élasticités estimées, la CSU explique à elle seule environ un quart de la baisse de la mortalité maternelle observée, tandis que la CSU et les dépenses publiques de santé en expliquent ensemble près de la moitié. Ces résultats mettent en lumière une forte complémentarité entre la protection financière et l’investissement dans la santé, fournissant de nouvelles preuves économétriques de l’efficacité de la CSU dans la région MENA et des données qui peuvent éclairer les stratégies visant la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). L’étude reconnaît l’existence de limites méthodologiques, dont la non‐significativité des coefficients du niveau d’études et de la fécondité, qui contredit les conclusions de la littérature établie et qui est probablement due à des caractéristiques spécifiques au modèle ARDL et à des singularités du contexte institutionnel marocain.
RADAH et al. (Thu,) studied this question.