In 1980, Vladimir Voinovich’s forced exile marked the final break between the writer and the communist regime, following his expulsion from the Writers’ Union in 1974 for defending human rights and publishing abroad. However, his exile to Germany did not sever all ties with the USSR; on the contrary, he became a kind of ambassador, or rather, an anti-ambassador between two worlds. In his book The Anti-Soviet Soviet Union (1985), Voinovich constructs a vivid compendium of everyday Soviet life while documenting his encounters with Western audiences. Published in English in 1986 and republished in post-Soviet Russia in 1994, this work addresses different audiences: it educates Soviet citizens about the realities of exile, informs Western readers about life under communism, and offers post-Soviet readers a microhistory of East-West relations. In this way, the book transforms the rift caused by exile into a space for dialogue between opposing blocs. This article first examines Voinovich’s fraught relationship with Soviet authorities and the genesis of the text, then explores how the work engages with its diverse readerships. En 1980, l’exil forcé de Vladimir Voïnovitch consacre la rupture définitive entre l’auteur et le régime communiste, après son exclusion de l’Union des écrivains en 1974 pour son engagement en faveur des droits de l’homme et ses publications à l’étranger. Pourtant, cet exil en Allemagne ne marque pas une rupture totale avec l’URSS : Voïnovitch y devient un ambassadeur ou plutôt anti-ambassadeur entre deux mondes. Dans L’Union soviétique antisoviétique (1985), il dresse un véritable abécédaire de la vie quotidienne en URSS, tout en relatant ses échanges avec des citoyens occidentaux. Publié en anglais en 1986 puis réédité en Russie postsoviétique en 1994, l’ouvrage s’adresse à des lectorats multiples : il éclaire les Soviétiques sur les réalités de l’exil, informe les Occidentaux sur le quotidien sous le communisme, et propose aux lecteurs postsoviétiques une microhistoire des relations est-ouest. Cette œuvre transforme ainsi la rupture de l’exil en un espace de dialogue entre blocs opposés. Cet article retrace d’abord l’histoire conflictuelle de Voïnovitch avec le pouvoir soviétique et la genèse du recueil, avant d’analyser comment l’œuvre interagit avec ces lectorats pluriels.
Denis Lakine (Mon,) studied this question.
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