Cette contribution s’inscrit dans le champ du français sur objectif universitaire (FOU) à visée disciplinaire. Nous proposons d’analyser les usages de la causalité dans le discours de la biologie évolutive à travers la préposition pour. La théorie de l’évolution constituant une question socialement vive, les productions écrites d’étudiants révèlent la persistance de représentations fixistes et finalistes, souvent renforcées par la formulation d’énoncés ambigus. L’étude repose sur un corpus de 95 copies d’examen en anatomie comparée (Licence 2 de biologie). Les résultats montrent que la préposition pour, fréquemment mobilisée pour exprimer la causalité explicative, oscille entre une lecture prospective de type téléologique et une lecture rétrospective conforme au principe de finalité fonctionnelle. Cette ambiguïté favorise les interprétations anthropomorphiques du vivant, en contradiction avec le cadre épistémologique de la biologie évolutive. Face à ce constat, cet article propose une démarche didactique de « rectification discursive » en FOU, visant particulièrement à expliciter la distinction entre cause et finalité dans l’emploi de la préposition pour. Une séquence pédagogique est présentée afin de permettre aux étudiants, francophones comme allophones, de produire des écrits conformes aux attendus disciplinaires.
Nicolas Gergaud (Mon,) studied this question.