Dans les territoires sahéliens affectés par des crises sécuritaires repétées et une dépendance chronique à l'aide humanitaire, cet article examine dans quelle mesure les industries culturelles créatives et en particulier la filière du tissage traditionnel du pagne peuvent constituer un levier durable d'autonomisation économique pour les jeunes femmes, en articulation avec les dispositifs d'épargne collective et les transferts monétaires. S'appuyant sur une revue critique de la littérature aux carrefours des études du patrimoine culturel immatériel, de l'économie du développement et des études genre, l'article soutient que le tissage traditionnel n'est pas seulement une activité productive : c'est un système de gouvernance économique et symbolique qui organise l'agentivite des femmes, structure les solidarités communautaires et ancre l'économie locale dans des reseaux de sens partages. L'article identifie les conditions sous lesquelles cette filière peut jouer un role de pivot dans le nexus humanitaire-developpement-paix, et formule des recommandations pour intégrer les industries culturelles créatives dans les stratégies de résilience des organisations humanitaires et de développement operant au Sahel. Mots-cles : patrimoine culturel immatériel ; tissage traditionnel ; pagne tissé ; résilience économique ; nexus humanitaire-developpement-paix ; jeunes femmes ; Sahel ; autonomisation.
Ameyo Mireille DOTCHE (Sun,) studied this question.