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Dès le départ, N. Keohane amorce la discussion de son sujet: la philosophie dans ses rapports avec l'Etat en France, en critiquant le mot célèbre de P. Hazard à l'effet que, du jour au lendemain, les Français qui pensaient comme Bossuet se sont mis à penser comme Voltaire. Une démarche qui se veut historique, telle que celle adoptée dans ce livre: "the overall purpose of this book is to chart the development of ideas" (p. 13), ne saurait s'accommoder d'une opinion aussi tranchée, pas plus que de changements brusques, ni de subites volte-face étant donné que les idéologies et les théories politiques ne sont pas l'oeuvre d'un moment mais bien le produit d'une lente maturation qui s'échelonne parfois sur plusieurs siècles. Le titre Philosophy and the State in France: The Renaissance to the Enlightenment ⁱndique qu'en matière politique le changement, qui devient évident au moment de la crise de la conscience européenne, s'est opéré en fait sur une période de trois siècles, depuis les écrits de Claude de Seyssel à la Renaissance (La Monarchie de France, 1519) jusqu'à ceux de Jean-Jacques Rousseau en plein siècle des lumières. Plus que la critique d'un mot célèbre par conséquent, ce livre vient montrer à quel point l'idée reçue d'une rupture soudaine, que ce soit entre l'époque de Bossuet et celle de Voltaire ou bien encore entre l'absolutisme du XVIIˢiècle et la monarchie traditionnelle du XVF, est sans fondements; l'historien cherche, en somme, les fils ténus, et souvent obnubilés, qui lient la théorie politique de ces trois siècles qu'on a malheureusement l'habitude de dissocier. Son travail approfondit alors la conviction personnelle d'un penseur com- me E. Cassirer, qui considérait l'oeuvre du XVIIF siècle non comme un entreprise destructrice mais plutôt conmie une restauration. D3Lns La philosophie des lumières, il a suggéré les liens qui existent entre les XVP et XVUIˢiècles: La philosophie des Lumières n'envisage pas son oeuvre comme un acte de destruction mais comme un acte de restauration. Jusque dans ses plus audacieuses révolutions, elle ne veut être qu'une restitution: une restitutio in integrum par laquelle la raison et l'humanité doivent être restaurées dans leur drits anciens. . . . Elle emboîte le pas [. . .
Keohane et al. (Wed,) studied this question.