Notre article s’interrogera d’abord sur l’origine de l’obsession récurrente, en didactique des langues, pour les méthodes et les approches, alors que cette préoccupation ne se manifeste pas dans les autres disciplines scolaires où les enseignants peuvent se référer à une discipline source correspondante, comme l’histoire pour l’enseignement de l’histoire, la physique pour l’enseignement de la physique, etc. En didactique des langues, il ne s’agit pas d’enseigner la linguistique en tant que telle, mais une langue. Cette spécificité rend nécessaire l’élaboration d’une languistique ou linguistique-pour-didacticiens, structurée autour de quatre composantes complémentaires : une phonétique didactique, une lexicologie didactique, une grammaire didactique et une pragmatique didactique 1. Dans une seconde partie, après avoir analysé les représentations actuelles des futurs enseignants de langues concernant la langue ainsi que le matériau langagier mis à leur disposition, nous proposerons, pour chacune des composantes de cette languistique, quelques exemples de descriptions relevant d’une phonétique, d’une grammaire, d’une lexicologie et d’une pragmatique didactiques. Ces propositions seront systématiquement articulées aux processus cognitifs impliqués dans l’appropriation d’une langue seconde ou étrangère. Afin de tester ces propositions, une maquette de formation en didactique du FLES incluant un volet languistique a été mise à l’essai en milieu universitaire, en deux temps de formation : un cours de 10 heures pour « décrire une langue », suivi de 24 heures de formation pour aborder les composantes du système languistique du français.
Germain et al. (Mon,) studied this question.