La connaissance des mots construits, i.e., de leur forme et de leur signification, constitue la base d’une scolarité réussie. Notre étude vise à spécifier la compétence morphologique, c’est à dire la manière dont le sujet repère des unités (ex. préfixes, bases) permettant de se représenter le sens des mots construits, ainsi que leurs relations avec d’autres unités lexicales reliées morphologiquement. Notre étude examine une population rarement étudiée dans le cadre d’études expérimentales, formée de 30 jeunes adultes (moyenne : 19,5 ans) stagiaires à l’école de seconde chance. Ils participent à une expérience d’amorçage masqué (SOA de 48ms), dans laquelle deux types de préfixés et leurs dérivations sont testés, ceux avec pré-/pro- et ceux avec com-/con-/co- (amorces et cibles en français). L’analyse statistique des résultats (temps de réaction et erreurs) met en évidence une différence en termes de traitement entre les deux types de matériaux : un robuste effet de répétition (58ms) pour les stimuli com-/con-/co- ; aucune catégorie de stimuli en revanche ne parvient à induire d’effet morphologique. Les implications de ces résultats sont discutées, en comparaison à ce qui est observé chez des populations de type « étudiants à l’université ». La nécessité d’explorer différents types de compétence morphologique est soulignée.
Stefanou et al. (Mon,) studied this question.