Résumé Considérée comme un catalyseur d’affects au cours des interactions, l’(in)discrétion peut nous révéler l’alternance entre accord et conflit à l’égard de la protection mutuelle de la face , notamment si cela implique l’espace privé ou intime. En effet, si la discrétion semble assurer un respect des vulnérabilités, l’indiscrétion affecte le seuil mobile, mais toujours présent, de l’irritation des frontières identitaires. Cependant, l’indiscrétion n’est pas toujours dévalorisée, car elle peut apparaître comme un calcul stratégique pour restituer une incarnation sensible aux masques qui protègent les rôles institutionnels, à tel point qu’elle peut fonctionner comme une arme pour démystifier l’hypocrisie qui habite la société et révéler des comportements reprochables. En ce sens, notre contribution voudrait enquêter sur la déclinaison de l’(in)discrétion selon les rôles actantiels joués et les topiques qui y sont localement associées à partir des trois volets : la présence, l’observation et l’énonciation, tout en profitant des textes littéraires (ex. : France et Chine) afin d’attester respectivement les délicatesses de la discrétion et la rudesse possible de l’indiscrétion. En tout cas, le fait de vivre ensemble ne peut pas être réduit à la société formelle et à ses lois, et alors l’(in)discrétion dessine les marges d’une éthique de contact .
Fossali et al. (Mon,) studied this question.