L’article examine la gestion des particules dites fines à N’Djamena. Alimentées par l’érosion et l’étendue des voiries non revêtues, elles s’accumulent surtout en périphérie. L’analyse repose sur une enquête doctorale menée entre 2020 et 2023 dans le 5ème arrondissement, articulant un sondage sur 300 ménages, des observations in situ dans plusieurs arrondissements et 53 entretiens auprès de balayeuses, d’encadrants et de responsables municipaux. Faute de repérage gravimétrique, les estimations issues de sources secondaires sont mobilisées comme ordres de grandeur autour de 36 % du flux, soit environ 430 tonnes par jour. Les résultats montrent la centralité d’un travail fortement féminisé, faiblement reconnu, marqué par la précarité statutaire et des expositions différenciées aux risques. Au plan institutionnel, la coexistence de dispositifs « de fait » et « encadrés », ainsi que des sous-traitances ciblant certains axes « vitrine », dessine une coproduction asymétrique souvent subie. En croisant condition professionnelle, matérialité des pratiques et dispositifs de cadrage, l’article identifie des leviers de réforme et interroge la portée parfois symbolique de certaines interventions, avec un risque de greenwashing, au regard de la soutenabilité quotidienne assumée par ces travailleuses.
Abdelbassit Ibrahim Djabaye (Wed,) studied this question.