Cette contribution s’intéresse au potentiel cohésif des Nss (noms sous-spécifiés) dû à la relation dyadique caractérisant leur fonctionnement. En effet, les Nss constituent une classe de noms qui ne sont pas informatifs en tant que tels mais qui reposent sur une suite spécifiante pour être interprétés, comme l’idée (c’est de…), mon problème (est que…), et une chose (qui me dérange est…). Or, comme l’actualisation de ces types de Nss cataphoriques crée une attente de spécification, la question se pose de savoir dans quelle mesure ils sont susceptibles de créer des attentes sur la nature morphosyntaxique ou sémantique de la séquence spécifiante. Notre étude s’appuie sur l’analyse de 4 029 énoncés écrits produits par des adultes et des enfants. Les résultats obtenus montrent plusieurs tendances. Au niveau de la construction elle-même, on atteste une prédictibilité de la suite spécifiante fortement liée au degré de maîtrise de l’abstraction nominale, se soldant par un certain évitement, par les enfants, des structures à Nss. Au niveau sémantique et pragmatique, on constate, chez les locuteurs adultes, un degré de prédictibilité élevé de la polarité et de la direction d’ajustement modal des Nss et des suites spécifiantes. Ces résultats mettent en évidence des projections d’attentes sémantico-pragmatiques et discursives significatives et confirment le potentiel des schémas sémantiques pour la cohérence discursive.
Cislaru et al. (Mon,) studied this question.