RÉSUMÉ Cet article examine la militarisation stratégique des ressources en eau par des groupes armés soutenus par la Turquie dans le nord-est de la Syrie (NES) dans le contexte plus large de la guerre civile syrienne. Alors que le conflit évoluait, les infrastructures hydrauliques—barrages, rivières et systèmes d'irrigation—devenaient centrales dans la guerre, la gouvernance et les agendas étrangers. L'article introduit le concept d'hydro-insurrection pour analyser comment des groupes rebelles comme l'SNA alliés à la Turquie militarisent et manipulent l'accès à l'eau pour affirmer leur contrôle, gagner en légitimité, et soutenir les ambitions géopolitiques d'Ankara, notamment en créant une « zone de sécurité » le long de sa frontière. S'appuyant sur la typologie de militarisation de l'eau de Marwa Daoudy, l'étude explore comment les groupes hydro-insurgents utilisent l'eau comme un outil militaire dans le NES et pour redéfinir la gouvernance territoriale. L'article soutient que le contrôle de l'eau est vital pour la stratégie de la Turquie visant à diminuer l'influence kurde et à étendre son modèle de gouvernance hybride. Le cas du NES démontre comment les ressources en eau sont récupérées par des agents pour influencer les ordres politiques post-conflit. L'étude pose la question : Dans quelles conditions les Groupes Hydro-Insurgents (HIG) militarisent-ils l'eau ?
Farhad Hassan Abdullah Mamshai (Mercredi) a étudié cette question.