La migration est un phénomène mondial complexe, motivé par des facteurs économiques, sociaux et politiques. Cette étude explore les moteurs, les caractéristiques et les modèles des migrants sortants du Tigré rural, Éthiopie, en utilisant des données mixtes transversales provenant de 521 ménages dans trois districts (Weredas) : Tahtai-Maichew, Kola-Tembien et Kilte-Awlaelo. Une approche mixte combine des enquêtes quantitatives avec des données qualitatives provenant de discussions en groupe, d'entretiens avec des informateurs clés et d'interviews approfondies. Les résultats montrent que la migration temporaire est prédominante (71,5 %), avec plus de femmes (58,1 %) que d'hommes (41,9 %) migrant, ce qui s'aligne sur la théorie de la Nouvelle Économie de la Migration de Travail (NELM), qui considère la migration comme une stratégie des ménages pour diversifier les revenus et réduire les risques économiques. 50,0 % des migrants temporaires ont terminé l'éducation primaire (50,0 %), indiquant des opportunités rurales limitées pour les individus à compétences faibles. Les réseaux sociaux sont critiques, 64,4 % des migrants temporaires s'appuyant sur des canaux irréguliers facilitant par des réseaux informels. La migration interne (54,5 %) dépasse la migration internationale (45,5 %), et les migrants célibataires (77,1 % des migrants temporaires) sont plus susceptibles de migrer en raison d'obligations familiales moindres. Les informateurs clés soulignent que les migrants sont généralement jeunes, issus de ménages pauvres, et dépendent souvent de courtiers et de trafiquants, en particulier pour la migration irrégulière vers l'Europe. Les principaux moteurs incluent la recherche de meilleurs emplois et salaires (64,8 %), le manque de terres (40,6 %) et un accès limité aux services de crédit (34,2 %). Ainsi, les recommandations politiques incluent l'adressage de la rareté des terres, l'amélioration de l'accès au crédit, la création d'emplois locaux, le renforcement des canaux migratoires légaux, et la lutte contre les courtiers illégaux et la traite des êtres humains. Des interventions ciblées peuvent réduire les pressions de migration rurale et améliorer les moyens de subsistance dans le Tigré.
Weldu et al. (Mercredi) ont étudié cette question.