Cet article propose une analyse interdisciplinaire de la complicité institutionnelle et de la collaboration lettone dans l'Holocauste à travers les cas de Gregory (Girsh) Breslav et Simon Rotkop, survivants du ghetto de Baranovichi (août 1941-décembre 1942). S'appuyant sur des procès-verbaux d'interrogatoires du KGB de l'époque soviétique inédits (1967), l'étude reconstruit les mécanismes administratifs, judiciaires et opérationnels du génocide à Baranovichi. L'analyse de contenu révèle un enfermement systématique, des déportations et des exécutions facilitées par des structures bureaucratiques et un langage judiciaire euphémistique qui normalisait la violence de masse. L'analyse comparative des témoignages souligne le rôle actif de la police auxiliaire lettone au sein du SD, l'implication de la police biélorusse locale et l'organisation logistique détaillée des déportations et des fusillades de masse près de Grabovets et Glinishche. L'analyse critique du discours démontre comment le cadre idéologique soviétique a façonné les récits des survivants, en soulignant la victimisation collective soviétique et la résistance des partisans tout en minimisant la souffrance juive spécifique. Les résultats situent Baranovichi dans des cadres théoriques plus larges de la "banalité du mal" d'Arendt, de "l'état d'exception" d'Agamben et de la rationalisation bureaucratique de Bauman. En intégrant des perspectives historiques, politiques et linguistiques, cette étude souligne l'importance de l'analyse microhistorique pour comprendre comment les structures judiciaires, administratives et collaboratives ont facilité le génocide et comment les régimes autoritaires manipulent la mémoire à travers le discours.
Cieślik et al. (Vendredi,) ont étudié cette question.
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