Dans cet article, l'auteure examine le traitement psychothérapeutique d'un patient emprisonné pour des actes de violence domestique. Elle décrit comment l'inversion des coordonnées pulsionnelles (dans ce cas, une poussée hypercathectique au détriment du but, qui est normalement de réduire la tension) peut signaler une montée en puissance difficile à contenir dans les remparts du cadre thérapeutique. La dimension sensorielle à l'œuvre dans le transfert est mobilisée pour illustrer comment une maîtrise résistant peut perceptivement servir à réhabiliter le but au détriment de la poussée. Cette réorganisation des coordonnées pulsionnelles sert à diminuer la tension sur fond de lutte contre la perte d'un objet dont les contours sont déjà très précaires. Bien que l'acte violent puisse effectivement être perçu comme un échec de la symbolisation, le travail thérapeutique en prison semble maintenir dans cet espace restreint la trace hallucinatoire de l'objet perdu/trouvé dans le transfert. Capturer l'objet circonscrirait illusoirement le risque, mais c'est précisément à travers la manipulation du sens et de la force du transfert que le patient peut être amené à lâcher prise, libérant ainsi l'objet perdu, ou plutôt son fantôme, au profit de l'expérience de la perte.
Pelladeau et al. (Vendredi) ont étudié cette question.