Résumé : L'engagement d'Augustin envers la pratique donatiste du rebaptême a produit une théologie sacramentelle qui marquera l'une de ses contributions les plus durables à l'histoire de la doctrine. Cela a abouti à une position cohérente, mais extrême, selon laquelle le baptême ne devait jamais être réitéré, du moins dans tous les cas où il était correctement administré. Cet article examine le contexte du rejet catégorique du rebaptême par Augustin face à l'acceptation plus qualifiée du rebaptême dans l'Afrique caecilianiste antérieure, ses contemporains pro-nicéens et la tradition conciliaire émergente. L'exceptionnalité de la position d'Augustin par rapport à ses prédécesseurs et à des précédents comparables réside, soutiendra-t-on, dans son rejet de tout double standard entre différents groupes de non-orthodoxes, dont certains étaient considérés comme nécessitant le rebaptême, et d'autres qui ne l'étaient pas. Plus important encore, le canon à Arles (314) concernant le rebaptême, et sa réception en Afrique comme le montre le Concile de Gratan de Carthage et Optatus de Milevis, semblait, ou du moins était compris, comme permettant le rebaptême pour ceux venant de communautés dont la foi était jugée suffisamment défectueuse. De même, Nicée (325) et Constantinople (381), ainsi qu'une étude de cas sur le rebaptême des montanistes pro-nicéens d'Orient, témoignent d'une application qualifiée du rebaptême le long d'un double standard émergent. Les recherches antérieures ont soit minimisé cette différence, soit supposé trop de continuité entre ces prédécesseurs ou précédents et Augustin, qui n'admet aucun double standard de cette nature. Cet article tente de montrer que le rejet catégorique du rebaptême par Augustin peut être principalement retracé à sa connaissance de, et à son assimilation subséquente à, la tradition romaine spécifiquement contre le rebaptême, principalement à travers son engagement historique avec la littérature de la controverse du troisième siècle sur le rebaptême entre Étienne et Cyprien.
Joshua Caminiti (Mon,) a étudié cette question.