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Depuis mon premier livre, Épistémologie sociale, j'ai soutenu que la philosophie des sciences de Thomas Kuhn présuppose une version du 'réalisme des nombreux mondes'. Cet article poursuit cette ligne d'argumentation en situant la réflexion de Kuhn sur le langage et la science dans le contexte des évolutions philosophiques des années 1950-1970. La vision de Kuhn est liée à d'autres exposés aux mêmes évolutions, notamment Willard Quine, Donald Davidson, Wolfgang Stegmüller et Karl Popper. Il est notable que Quine et Davidson n'ont pas été tentés d'emprunter la voie des 'nombreux mondes', en grande partie en raison d'un engagement de fond envers une compréhension behavioriste du langage qui excluait tout rôle pour la 'création de mondes'. Cependant, la théorie 'sémantique' de la vérité d'Alfred Tarski a eu un impact notable sur les positivistes logiques et Popper, inclinant ce dernier vers sa propre version du réalisme des nombreux mondes. Comme Kuhn l'a brillamment observé dans ses écrits ultérieurs, que l'on adopte une approche moniste ou pluraliste du monde dépend de la question de savoir si la traduction ou le sens est la clé pour comprendre le langage. L'article se termine en suggérant que le concept historiographique allemand de Sonderweg ('voie spéciale') pourrait offrir une compréhension intéressante et plus chargée normativement du type de réalisme des nombreux mondes promu par Kuhn.
Steve Fuller (mercred,) a étudié cette question.