Key points are not available for this paper at this time.
Résumé : Fin 1941, environ 1 300 Juifs avaient échappé à l'Europe contrôlée par les nazis pour se rendre aux Philippines. Cet essai problématise l'historiographie existante sur ce sauvetage en allant au-delà des examens de ses mécanismes et de la politique de la mémoire. Au lieu de cela, il propose une relecture des luttes des réfugiés en se concentrant sur leur continuel être-en-travers et leur performativité impériale imposée, ce qui permet d'analyser des espaces transnationaux façonnés par leurs pratiques quotidiennes apparemment banales, de la marche à la cuisine. Au cours des premières années, les dirigeants américains, philippins et juifs s'attendaient à la performance des normes impériales et surveillaient les interactions entre les réfugiés et les Philippins autochtones. Certains réfugiés ont réussi. Certains ont même réussi à ouvrir des boutiques. D'autres ont échoué ou se sont rebellés et se sont bientôt retrouvés en danger. L'invasion par les forces japonaises à la fin de 1941 a soumis la société philippine à de nouvelles hiérarchies raciales. Les réfugiés juifs, soupçonnés de collaborer avec l'ennemi, ont dû s'engager dans différentes performances impériales pour survivre. À la fin de 1946, de nombreux survivants juifs avaient réussi à partir, principalement pour les États-Unis, où ils ont rencontré de nouvelles asymétries de pouvoir difficiles d'un autre type.
Thomas Pegelow Kaplan (mar,) a étudié cette question.