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Ancré dans, et en dialogue avec, Luanda, Lisboa, Paraíso de Djaimilia Pereira de Almeida de 2018, cet article interroge un moment et un lieu particuliers de la colonialité et de la reproduction du capital racial et de la fongibilité noire dans le Portugal de la fin du XXe siècle, après la décolonisation formelle en Afrique et dans la foulée des vagues migratoires noires post/néo-coloniales (Angola dans ce cas) vers l'ancienne métropole. Le roman d'Almeida offre une intervention littéraire pour grappler avec la réinvention économique et institutionnelle de l'antinoirisme en Europe après le colonialisme de peuplement, tout en imaginant et en inscrivant des modes d'être noir au sein et au-delà des matérialités de la suprématie blanche. Dans ce but et contre les logiques raciales, genrées et capacitistes du capital, le corps noir dans le roman d'Almeida devient un site à travers lequel les relations entre humains et matière ainsi qu'esprit et corps sont révisées de manière décoloniale.
Daniel F. Silva (Jeudi,) a étudié cette question.