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L'expérience perceptuelle cohérente de son propre corps dépend du traitement et de l'intégration des signaux provenant de multiples modalités sensorielles, y compris la vision, le toucher et la proprioception. Bien que la nociception fournisse des informations critiques sur les dommages aux tissus de son corps, peu de choses sont connues sur la manière dont la nociception contribue à la perception de son propre corps. Une approche expérimentale classique pour étudier les mécanismes perceptuels et neuronaux impliqués dans l'expérience multisensorielle de son propre corps est l'illusion de la main en caoutchouc (RHI). Pendant la RHI, les personnes perçoivent une main en caoutchouc comme faisant partie de leur propre corps (sens de la propriété corporelle) provoqué par le frottement synchronisé de la main en caoutchouc dans le champ de vision du participant et de la main réelle cachée du participant. Nous avons examiné si la RHI pouvait être déclenchée par une stimulation visuelle et nociceptive "pure", c'est-à-dire sans costimulation tactile, et si oui, si elle suivait les règles perceptuelles de base de l'illusion. Lors de 6 expériences distinctes impliquant au total 180 participants en bonne santé, nous avons utilisé un stimulateur laser Nd:YAP pour cibler spécifiquement les fibres C et Aδ dans la peau et avons comparé la condition d'illusion (stimulation visuo-nociceptive congruente) aux conditions témoins de stimulation visuo-nociceptive incongruente, visuo-proprioceptive incongruente, et sans stimulation nociceptive. L'illusion a été quantifiée par des mesures comportementales directes (questionnaire) et indirectes (dérive proprioceptive). Nous avons découvert qu'une illusion de main en caoutchouc nociceptive (N-RHI) pouvait être déclenchée et que cela dépendait de la congruence spatiotemporelle des signaux visuo-nociceptifs, conforme aux principes de base de l'intégration multisensorielle. Nos résultats suggèrent que l'information nociceptive façonne la conscience corporelle multisensorielle et contribue au sens de la propriété corporelle.
Coppi et al. (Fri,) ont étudié cette question.