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Résumé Contexte et objectifs Le syndrome néphrotique (SN) est une condition clinique caractérisée par une perte massive de protéines dans les urines, principalement de l'albumine, mais aussi d'hormones et de leurs protéines de transport, entre autres. La complication hormonale la plus fréquemment rapportée est la dysfonction thyroïdienne. L'étude visait à évaluer la fréquence de la dysfonction thyroïdienne dans le SN et son association avec les niveaux de protéines de transport et les indicateurs de gravité de la maladie. Méthode Une étude cas-témoins a été réalisée impliquant des patients récemment diagnostiqués ou en rechute de SN sévère, défini comme une protéinurie ≥ 3,5 g/jour et un albumine sérique ≤ 2,5 g/dL (groupe SN), et des patients sans protéinurie (groupe contrôle). L'évaluation comprenait des profils hormonaux thyroïdiens, des niveaux sériques de protéines de transport (préalbumine – PAB, et globuline liant la thyroxine – TBG), et des marqueurs reflétant l'évolution du SN. Résultats Quarante-deux patients néphrotiques et 40 patients non protéinuriques appariés ont été inclus. Le groupe SN comprenait 67 % d'hommes avec un âge moyen de 49 ans et une moyenne de protéinurie de 8,9 g/jour (Tableau 1). La principale cause de SN était la maladie à changements minimes (22 patients), suivie par la néphropathie membranaire (11 patients). Les autres causes comprenaient : l'amyloïdose (3 patients : AL – 2 cas, A – 1 cas), la glomérulosclérose focale segmentaire (2 patients) et la néphrite lupique (1 cas). Dans 5 cas, aucun diagnostic histologique n'a été établi. Une dysfonction thyroïdienne secondaire au SN a été observée chez la majorité des patients, se produisant 18 fois plus fréquemment que dans le groupe contrôle (67 % contre 10 %, OR = 18, IC à 95 % : 5,3-60,7). Le syndrome de malade euthyroïdien était le plus couramment observé dans le SN (15 cas, 36 %), suivi par l'hypothyroïdie franche (8 cas, 19 %) et l'hypothyroïdie subclinique (5 cas, 12 %). Selon les directives actuelles, un complément en lévothyroxine était nécessaire chez 11 patients (26 % du groupe SN, 36 % de ceux ayant une dysfonction thyroïdienne). La TSH sérique était corrélée inversement avec la PAB (R = −0,63, p < 0,001), et positivement avec la TBG (R = 0,39, p = 0,010), tandis qu'aucune relation n'a été trouvée entre les protéines de transport et les hormones libres (fT3 ou fT4). Le seul indicateur de gravité du SN lié à la fonction thyroïdienne était l'albumine sérique. Elle était corrélée, cependant, uniquement avec la TSH (R = −0,41, p = 0,007), et non avec les hormones libres. De plus, ni le type histologique, ni le cours clinique du SN ne distinguaient entre l'euthyroïdie, le syndrome de malade euthyroïdien, ou l'hypothyroïdie (Tableau 2). Conclusion La dysfonction thyroïdienne est une complication courante du SN sévère. Bien que le syndrome de malade euthyroïdien prédomine, la proportion de patients ayant une hypothyroïdie qui pourraient potentiellement nécessiter un traitement de remplacement en lévothyroxine reste substantielle.
Matyjek et al. (Mer,) ont étudié cette question.