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Critique de : Midi : Nouveaux poèmes choisis de Jayanta Mahapatra Rachita Swain Jayanta Mahapatra Midi : Nouveaux poèmes choisis Bhubaneswar, Inde. Ketaki Foundation Trust. 2023. 72 pages. JAYANTA MAHAPATRA était prévoyant avant son décès l'année dernière à l'âge de quatre-vingt-quinze ans : « Alors c’est ici / avec tous ces morts, refusant de mourir, / la dignité de l’os tenant haut notre volonté d’être. » Des lignes comme celles-ci nous dotent du point de vue d’un empathique, ouvrant des passages vers son élan poétique. Pendant plus d'un demi-siècle, ses pensées voyageaient vers des lieux où la souffrance l’attendait. Dans sa quatre-vingt-quinzième année, hésitant face à l'incertitude de l'avenir, ses poèmes résistent à une fin rationnelle ; un silence mystique imprègne un inconscient individuel et collectif. Ce volume mince rassemble à la fois ses poèmes nouveaux et anciens. Le lecteur familier avec sa poésie découvre les inédits, et pourtant le livre estompe la distinction pour créer un monde cohérent de suggestions. « Faim » accueille chaque nouvelle publication. Un « Été indien » insuffle la chaleur d’une foi déclinante. « Touches d’ivoire » déverrouillent le mysticisme de la nature qui comble les fosses éparses de la faim. L’image statique des « Cygnes persans » sur le tapis, bien qu’esthétique pour les yeux, demeure inquiétante lorsqu’elle contraste avec la beauté informe d’une femme dont la beauté a été violée. Les poèmes récents témoignent du poète dont l’existence a tendu à soulager la douleur d’une humanité lésée. Midi ne contient pas seulement la cruauté invétérée d’un peuple ; il porte une responsabilité aiguë pour la faire connaître au monde. Qu’est-ce que cela pourrait être sinon une adaptation du parcours du poète d’action par la poésie, et d’inaction par la peur digne de ne pas pouvoir initier un changement ? Les dernières lignes du poème « Soir » intensifient l’angoisse prototypique d’un prophète en tant qu’humain : « Maintenant je me tiens à la fin du monde. Quelque chose / comme la nuit serre avec des mains froides ma poitrine. / Demain prend son temps. Quand je m’entendrais / traîner le désespoir comme un petit ver. » Une conscience globale ne se révèle pas dans ces poèmes car les incidents évoqués sont une fusion monstrueuse de plusieurs vies de famine sans interruption — toutes cousues comme motifs sur une couverture razai. Mais la razai le réchauffe-t-elle face aux frissons des promesses non tenues des élections, ou du fondamentalisme des dieux, ou de la famine résultante qui le ronge de l’intérieur ? Pour être plus précis dans la description d’un dieu qui se moque, d’un dieu stoïque, Mahapatra lance à son Seigneur Jagannath : « Pourquoi me prosterner devant ce Dieu grotesque / de bois amer que j’ai aidé à sculpter ? » John Oliver Perry, dans son essai dans le Kenyon Review, disait du poète : « Il n’est ni étranger ni postmoderne. » Il est sans retenue un poète de sa terre et de son temps — ni idéologiquement séparé ni aliéné de sa foi d’origine. Mahapatra appelle à une plus grande attention portée à l’homme qu’à son histoire. Il renie le pouvoir qui lui est conféré, à la grandeur d’un poète qui a tout vu, et pourrait être, maintenant, prêt à rayonner sur une terre promise de possession (mais seulement si le sens de dépossession peut être tiré du poème « Possession »). Le poème « Une histoire, pour commencer » est particulièrement frappant quand on parle de grandeur et d’humilité. On ne peut plus ignorer l’empathie débordante du être délabré dans les poèmes une fois qu’on la voit. Les yeux curieux qui cherchent la contribution du poète à une transformation directe en physicalité brute ou une confirmation à une foi singulière, le poète lui-même invite à ne pas la trouver médiatisée dans son cri pour les cris de ceux qui meurent de faim pour la normalité. Les lignes restantes de la strophe sont une fin provisoire à ce que nous cherchions toujours : Vous le trouverezDans les feuilles vieillissantes de la mangue dans sa courDans l’appel angoissé de l’oiseau à l’aile casséeOu dans le cri inconsolable de l’enfantDont le ballon rouge a éclatéDans la foule bousculée le huitième jour de Durga Puja.Non, vous ne le trouverez jamais dans une église ou un...
Rachita Swain (sam.), a étudié cette question.