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À travers une analyse critique des livres de programmation officiels de Guiding, de la hiérarchie de sa structure organisationnelle et des travaux académiques sur l'histoire des mouvements de Guiding et de Scoutisme en Grande-Bretagne et au Canada, cet article explore le développement précoce des Guides du Canada ; analysant l'évolution des opinions du public au début du XXe siècle sur la fillette et examinant la relation entre Guiding et l'Empire britannique. La thèse centrale de cet essai est que l'organisation a été fondée en 1910 avec une idéologie de genre stricte et conservatrice et un fort lien impérial, mais a modifié son message durant la période de l'entre-deux-guerres pour refléter les notions modernes émergentes de fillette et d'impérialisme, tout en conservant ses valeurs fondamentales dans sa programmation officielle. Nées du mouvement de Scoutisme de Grande-Bretagne, les Guides du Canada ont été initialement fondées dans l'intention de préparer les jeunes filles à une vie domestique ; servant l'Empire britannique en étant des épouses et des mères dévouées. La mission de l'organisation était de répondre à l'anxiété du public concernant la modernité de la fillette. Alors que de nouvelles opportunités économiques et de loisir apparaissaient pour les femmes et les filles dans les zones urbaines du Canada, la peur que ces femmes travaillant mènent des vies de promiscuité, causant potentiellement l'effondrement de la vie domestique, était également présente. Guiding cherchait à prévenir ce problème en occupant le temps libre des jeunes filles avec une instruction genrée sur des sujets tels que la gestion d'un foyer et le rôle des femmes dans l'Empire britannique. Ce message et cette idéologie étaient incroyablement populaires à l'époque, et le mouvement Guiding s'est répandu comme une traînée de poudre. Après la Première Guerre mondiale, les opinions du public canadien sur le rôle des filles et l'Empire britannique étaient en train de changer : à travers les efforts bénévoles de Guiding durant la guerre, les filles avaient prouvé qu'elles étaient capables de bien plus que d'instruction domestique, et le Canada commençait à remettre en question sa place au sein de l'empire. L'émergence de mouvements de jeunesse alternatifs, avec un accent particulier sur l'entraînement physique et la promotion d'une identité nationale canadienne, reflétait ce changement. En réponse à ces développements, les Guides du Canada ont introduit des camps internationaux avec un message centré sur la paix et l'amitié internationale, et ont promu une vision plus progressiste des filles avec de nouveaux insignes et activités. Cette nouvelle rhétorique a rendu le mouvement plus attrayant pour un plus large éventail de filles, mais a seulement obscurci les valeurs originales de l'organisation liées à l'impérialisme et à la domesticité. La structure de l'organisation respectait encore une hiérarchie qui favorisait les Guides britanniques, avec la branche canadienne prenant toutes ses directives de la Grande-Bretagne. En analysant les livres de programmation de Guiding, il est également clair que l'enseignement genré était toujours le principal objectif de l'organisation. Cet article examine également comment la programmation des Guides canadiennes était utilisée pour naturaliser et assimiler les filles qui ne correspondaient pas au modèle idéalisé de féminité blanche de l'Empire, comme les filles autochtones fréquentant des écoles résidentielles et les filles de ménages immigrants, compliquant encore sa notion d'internationalisme. Les changements dans la programmation du mouvement Guiding reflètent le désir de l'organisation de diffuser son idéologie à un public plus large, plutôt qu'un engagement envers des idées plus modernes de fillette et des notions progressistes d'amitié internationale. La programmation, bien qu'elle devienne plus raffinée avec le temps, tournait toujours autour des compétences domestiques et de la préparation des filles à la maternité, tandis que la structure internationale de l'organisation s'appuyait sur une hiérarchie qui plaçait la Grande-Bretagne au sommet, et gardait le Canada à distance.
Caitlin Mulholland (Mer,) a étudié cette question.