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L'invasion russe de l'Ukraine en février 2022 a conduit à une inondation de désinformation circulant en ligne, rendant la vérification des faits et la validation cruciales pour les journalistes couvrant le conflit. Basée sur cinq interviews semi-structurées et une analyse de 48 démentis publiés entre février et octobre 2022, cette étude vise à comprendre comment Les Décodeurs, l'unité de vérification des faits du quotidien français Le Monde, a organisé ses pratiques en réponse au flux de désinformation visuelle entourant le conflit, et à les situer dans le cadre plus large des pratiques et des catégorisations des recherches antérieures sur la vérification des faits et la désinformation. Les résultats montrent que la plupart des vérifications des faits se concentrent sur des images authentiques avec des légendes trompeuses, plutôt que sur une manipulation sophistiquée. Les catégorisations précédentes prouvent leur capacité à décrire les 48 pièces de désinformation visuelle, mais une approche plus raffinée est suggérée en considérant la désinformation visuelle comme principalement multimodale. L'étude révèle le rôle des vérificateurs de faits en tant que gardiens dans le filtrage du contenu provenant des réseaux sociaux et aborde le défi de contrer la désinformation virale tout en évitant une amplification non intentionnelle. Elle identifie également un mélange d'approches partagées et individualisées parmi les journalistes spécialisés dans la vérification des faits, y compris des méthodes manuelles et pré-numériques, reflétant la nature adaptable de leur travail. Basée sur les dernières évolutions des fonctions de filtrage, l'étude met en évidence les limites du défi consistant à réconcilier les pratiques réactives et rétroactives avec des considérations éditoriales à moyen terme dans un écosystème médiatique en évolution rapide.
Zecchinon et al. (jeu,) ont étudié cette question.