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RÉSUMÉ Au treizième siècle, la danse de la carole et ses chansons de refrain réjouissaient simultanément les personnages de la littérature vernaculaire française, troublaient la morale des clercs et engageaient les pouvoirs d'analyse des théoriciens de la musique. En révisant les études existantes qui soulignent les différences entre ces trois comptes, cet article démontre leurs usages interconnectés des caroles pour explorer l'éthique musicale et sexuelle. Premièrement, les auteurs cléricaux utilisaient les caroles comme des microcosmes de leurs tentatives plus larges de contrôler le comportement sexuel et musical, telles qu'exprimées à la fois dans les réformes du mariage et un large éventail de textes musicaux théoriques, confessionnels et homilétiques. Deuxièmement, les associations éthiques que les clercs établissaient pour les caroles permettaient aux auteurs littéraires vernaculaires comme Jean Renart et Gerbert de Montreuil d'utiliser ces danses pour saper et satiriser les tentatives cléricales de contrôle social. Enfin, ces discours éthiques ont permis aux théoriciens de la musique de produire des analyses stratifiées du rôle social des caroles, comme dans la relecture finale de cet article de Johannes de Grocheio.
Matthew P. Thomson (Mercredi) a étudié cette question.