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La plaisanterie repose sur des capacités cognitives complexes : compréhension des normes sociales, théorie de l'esprit, anticipation des réponses des autres et appréciation de la violation des attentes d'autrui. La taquinerie ludique, présente chez les nourrissons préverbaux, partage bon nombre de ces caractéristiques cognitives. Il existe des preuves que les grands singes peuvent taquiner de manières structurellement similaires, mais aucune étude systématique n'existe. Nous avons développé un système de codage pour identifier la taquinerie ludique et l'avons appliqué à des vidéos de grands singes logés dans des zoos. Les quatre espèces se sont engagées dans un comportement intentionnellement provocateur, souvent accompagné de caractéristiques de jeu. Nous avons constaté que la taquinerie ludique se caractérisait par l'attirance d'attention, le caractère unilatéral, la recherche de réponse, la répétition et l'élaboration/l'escalade. Elle se déroule principalement dans des contextes détendus, présente une grande variété de formes et diffère du jeu à plusieurs égards (par exemple, asymétrie, faible taux de signaux de jeu comme le 'playface' et absence de maintiens finaux de mouvement caractéristiques des gestes intentionnels). Étant donné que la taquinerie ludique est présente dans tous les genres de grands singes existants, il est probable que les prérequis cognitifs pour plaisanter ont évolué dans la lignée des hominidés il y a au moins 13 millions d'années.
Laumer et al. (mer,) ont étudié cette question.