Ce texte explore la dynamique quasi-familiale dans La Tempête de William Shakespeare, proposant que les efforts de Prospero pour restaurer et sécuriser l'autorité patriarcale en Italie et sur l'île dépendent de son contrôle paternel abusif sur trois figures d'enfants queer : Ariel, Caliban et Miranda. S'appuyant sur des études sur l'enfance moderne et la théorie queer, cet article lit ces figures comme des enfants queer : malléables, instables en matière de genre, arrêtés dans leur développement et marqués par la naïveté. C'est l'une des premières études à conceptualiser ces personnages comme une unité tri-filiale dont les identités queer sont instrumentalisées pour construire une vision de la stabilité hétéropatriarcale. Prospero favorise la queerité de ses enfants en les maintenant dans des états queer, manipulant ces conditions pour faire avancer son agenda hétéropatriarcal de sécurisation du mariage de sa fille biologique avec le prince de Naples. Cependant, au fur et à mesure que la pièce progresse, chaque figure enfantine commence à résister ou à dépasser le contrôle de Prospero, révélant finalement la fragilité et l'artificialité des structures hétéro-patriarchales qu'il cherche à maintenir. Cet article soutient que La Tempête expose l'instabilité inhérente au pouvoir patriarcal, montrant que les mêmes identités queer que Prospero manipule deviennent les agents de son éventuelle destruction.
Vega Romero (Jeu,) a étudié cette question.
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