La modification de la loi n° 30 de 2002 concernant la Commission d'éradication de la corruption par la loi n° 19 de 2019 est devenue un tournant dans l'affaiblissement institutionnel des institutions anticorruption en Indonésie. La révision a suscité de vives controverses car elle était considérée comme un changement caractéristique du KPK, passant d'une institution indépendante de l'État à une partie du cluster du pouvoir exécutif. Cette étude vise à analyser l'orientation des politiques gouvernementales dans la modification de la loi KPK et à évaluer ses implications sur l'efficacité de l'éradication de la corruption. La méthode utilisée est la recherche normative en droit avec une approche législative et conceptuelle, à travers l'examen des normes juridiques, des doctrines et des points de vue académiques. Les résultats de l'étude montrent que la révision de la loi KPK présente plusieurs restrictions stratégiques, y compris la création d'un conseil de surveillance avec une autorité technique, des restrictions sur l'autorité d'écoute électronique, la délégation de l'autorité de clore des affaires, et le changement de statut des employés du KPK en fonctionnaires d'État. Ces changements restreignent systématiquement l'espace de manœuvre du KPK, érodent son indépendance fonctionnelle et ouvrent la porte à l'intervention du pouvoir politique dans l'application des lois anticorruption. L'orientation politique de la révision de la loi KPK ne reflète pas le renforcement du système d'éradication de la corruption, mais montre plutôt une tendance à la domestication et au contrôle du pouvoir sur le KPK, ce qui a le potentiel d'affaiblir la confiance du public et l'efficacité de l'éradication de la corruption en Indonésie.
Andes Robensyah (Jeu,) a étudié cette question.