Le droit à la liberté d'expression a fait face à des attaques intenses et complexes dans le monde entier ces dernières années, même s'il reste inscrit dans la plupart des constitutions nationales et des cadres juridiques internationaux. Cet article examine comment les pouvoirs étatiques et les acteurs non étatiques influents utilisent une variété de tactiques, notamment des lois draconiennes, la répression physique, la censure numérique et le contrôle algorithmique, pour faire taire les voix d'opposition. Une mention spéciale est faite des tendances mondiales et du tableau en évolution en Inde, où des tactiques telles que l'interdiction des manifestations, les accusations de sédition et les usages abusifs des pouvoirs d'urgence sont régulièrement employées pour criminaliser les manifestations pacifiques. Les mécanismes juridiques et les coupures de l'internet de routine sont des outils utilisés pour empêcher les rassemblements publics et limiter le flux d'informations liées aux manifestations. La liberté de la presse et la sécurité des journalistes ont connu une baisse significative au niveau mondial. Sur la base de statistiques récentes, 2024 a été l'année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les journalistes, avec 124 tués, dont certains sont morts dans des zones de conflit actif comme Gaza. Parallèlement, les communautés marginalisées continuent de faire face à des obstacles institutionnalisés pour être représentées dans les médias dominants. En Inde, pour ne nommer qu'un contexte, les inégalités de caste et de classe sont encore profondément enracinées, environ 88 % des journalistes appartenant à des groupes de castes supérieures. L'article aborde également la menace croissante de la répression numérique. Les suppressions de contenu sous des lois larges de sécurité, le shadow banning et la repriorisation algorithmique des voix dissidentes sont devenus des formes furtives mais puissantes d'effacement sur les réseaux sociaux. Ces phénomènes résonnent sur les campus universitaires, où les institutions sont devenues des sites de points de tension pour la régulation de l'expression. Des militants étudiants en Inde et dans plusieurs démocraties occidentales ont fait face à des accusations de sédition, de terrorisme ou à des mesures disciplinaires pour des propos liés aux manifestations, tandis qu'une vague simultanée de lois anti-manifestation aux États-Unis et en Europe a encore plus refroidi les mobilisations étudiantes. Les pratiques suppressives ont été renforcées à plus grande échelle par des régimes autoritaires par la mise en silence ouverte du journalisme indépendant. La Chine détient toujours le plus grand nombre de journalistes détenus, et la Russie a interdit presque tous les médias indépendants et les expressions critiques. En réponse, les journalistes, les militants et les citoyens ordinaires se tournent de plus en plus vers des outils de communication chiffrée, des réseaux privés virtuels et des logiciels d'anonymat pour résister à la surveillance étatique et à la censure. Les groupes de la société civile utilisent aussi des réseaux de plaidoyer transnationaux pour faire entendre les voix des réduits au silence à travers le monde. À partir de diverses études de cas récentes, d'examens juridiques et de cadres mondiaux des droits humains, cet article présente une cartographie exhaustive du paysage politiquement chargé de la voix et du silence à une époque où les espaces publics sont de plus en plus restreints.
UMRA FATIMA (ven,) a étudié cette question.