Des études moléculaires récentes ont mis en évidence la complexité taxonomique des vairons eurasiens Phoxinus spp, soulignant leurs multiples espèces endémiques dans leurs bassins respectifs, ainsi que les multiples translocations entre les bassins hydrographiques. Ici, nous rapportons le premier enregistrement du vairon italien Phoxinus lumaireul en France : un spécimen mâle a été capturé dans le lac Léman à Publier (département de la Haute-Savoie) le 31 mai 2010 lors d'une enquête d'électrofishing supervisée par l'ONEMA. L'identification a été réalisée à partir d'une photo, selon des observations morphologiques et le motif de coloration nuptiale, en comparaison avec P. lumaireul du bassin du Pô. Nous attestons alors la présence d'une troisième espèce de vairon dans le bassin du lac Léman, en plus de P. csikii et P. septimaniae. Le motif de coloration nuptiale de P. lumaireul est identifiable par de très faibles tubercules nuptiaux développés sur la tête, des nageoires pectorales hyalines jaunâtres, une bande vert-bleu sur Z3 jusqu'à l'origine du pédoncule caudal et noire au-delà, Z4 vert jaunâtre et un ventre rouge brillant de la gorge à la base de la nageoire caudale pour les mâles, et des bases de nageoires pectorales, pelvique et anale roseâtres, une tache jaune sur l'opercule, Z4 légèrement doré et Z5 blanc pour les femelles. Notre identification morphologique corrobore une étude moléculaire de la partie suisse du bassin du lac Léman. Phoxinus lumaireul est donc la septième et la première espèce de vairon non native se trouvant en France. Son introduction par le biais de translocations humaines semble être ancienne. Nous avons également discuté des impacts écologiques pour les gestionnaires français et suisses.
Denys et al. (Mer,) ont étudié cette question.