Cet article vise à montrer que la pensée de P. Ricœur offre un cadre théorique solide pour conceptualiser la dialectique entre reconnaissance et compromis, servant de fondement à une éthique politique adaptée aux défis du pluralisme dans les sociétés contemporaines. Le compromis sert à atténuer les conflits résultant des demandes de reconnaissance et à fournir des voies pratiques pour résoudre de tels différends, tandis que l'impératif de reconnaissance empêche le compromis de dégénérer en une simple négociation stratégique et enrichit l'imagination pratique nécessaire à l'action collective. Une approche ricoeurienne de la politique permet d'esquisser une éthique politique fondée à la fois sur une « volonté de vivre ensemble » et « des institutions justes », qui reconnaît l'inévitabilité du conflit mais soutient la possibilité d'une existence politique partagée.
Laure Gillot-Assayag (Jeu,) a étudié cette question.