Cet article examine comment la responsabilité organisationnelle crée des conditions invalidantes pour les travailleurs ayant des troubles de la parole. Bien que la responsabilité soit souvent supposée être un principe neutre de reconnaissance et de responsabilité, nous montrons comment elle favorise la fluidité et la phononormativité, marginalisant ceux qui communiquent différemment. En utilisant une combinaison d'ethnographie sensorielle, d'entretiens et d'analyse des dispositifs technologiques, nous explorons comment les travailleurs ayant des troubles de la parole naviguent dans la responsabilité grâce à des technologies d'assistance, des voix artificielles et des coalitions humain-non humain. En nous appuyant sur la théorie du crip et sa compréhension du cyborg, nous identifions trois défis crip à la responsabilité : le temps crip de la parole (temporalités non-normatives de la communication), les soi organisationnels crip (subjectivités hybrides et interdépendantes) et la phononormativité crip (la tension entre les technologies vocales standardisées et personnalisées). Ces défis exposent les hypothèses capable-résisées enracinées dans les régimes de responsabilité et ouvrent des manières alternatives de commmuniquer et d'être reconnu dans les organisations. Nous proposons trois tactiques informées par le crip pour contrer les conditions invalidantes dans la responsabilité organisationnelle : contester la chrononormativité de la parole, écouter au-delà des frontières identitaires, et dénaturaliser les normes sociales de communication.
Napolitano et al. (mercredi) ont étudié cette question.