Cette étude examine les expériences vécues des travailleuses sociales dans la bande de Gaza durant le génocide, en se concentrant sur l'intersection de la vulnérabilité personnelle et de la responsabilité professionnelle. S'appuyant sur des entretiens approfondis avec trente travailleuses sociales déplacées à Rafah, la recherche utilise l'analyse de contenu thématique pour découvrir les défis psychologiques, émotionnels et institutionnels auxquels sont confrontées les praticiennes. L'étude s'inscrit dans le contexte plus large des crises humanitaires en Palestine, où les travailleuses sociales ont historiquement opéré dans des conditions d'instabilité politique et de rareté des ressources. Les résultats révèlent quatre thèmes centraux : le flou des frontières entre la victimisation et le soin, l'impact des attentes de genre et du sacrifice de soi, les effets de la négligence institutionnelle et l'invisibilité du travail féminin, et le rôle des stratégies d'adaptation et de la solidarité entre pairs. Ces thèmes définissent collectivement ce que nous appelons « traumatisme d'immersion totale », une condition où la distinction entre le soignant professionnel et la victime se dissout parce que les deux font face à la même éradication systématique. Les travailleuses sociales se trouvent à la fois comme aides et survivantes, portant des fardeaux doubles intensifiés par l'insécurité chronique, les mandats sociaux et un sous-financement systémique. L'étude met en lumière l'insuffisance du soutien par les pairs en l'absence de soins organisationnels, soulignant le besoin urgent d'interventions formelles pour soutenir le bien-être de la communauté des travailleurs sociaux de Gaza durant le génocide. De plus, les résultats soulignent la nécessité de traiter les conditions structurelles qui perpétuent cette crise, car un soutien psychologique seul ne peut résoudre les problèmes fondamentaux créés par la violence et l'occupation en cours.
Hamamra et al. (Jeudi,) ont étudié cette question.