Ce travail de thèse s’inscrit dans le paradigme de la cognition incarnée qui identifie le processus cognitif ancré dans l’interaction entre le corps et l’environnement. L'objectif est de démontrer que l’apprentissage du lexique en L2 (langue seconde) peut être optimisé par une approche mobilisant les dimensions sensorimotrices. À travers quatre expériences, nous avons évalué l’impact des actions, des gestes et de l’imagerie mentale sur l’acquisition de mots concrets, abstraits et émotionnels en chinois langue étrangère.Les résultats confirment des effets bénéfiques sur la rétention lexicale lors de tests immédiats, mettant en évidence que les actions représentatives (e.g., saisir une clef et ouvrir une porte) facilitent la mémorisation, tandis que les actions insignifiantes (e.g., saisir une clef et lever la main) alourdissent la charge cognitive, tout en nuisant à l’apprentissage.De plus, nos travaux révèlent que la cognition est non seulement incarnée, mais aussi située : la combinaison d’un geste répété en s’imaginant un contexte représentatif a significativement amélioré le rappel lexical, notamment pour les mots émotionnels.Enfin, nos résultats indiquent que les mots abstraits, souvent perçus comme difficiles à expliquer dans le cadre de la cognition incarnée, s’ancrent également dans l’expérience sensorimotrice. La pratique de l’imagerie mentale située a conduit à une meilleure rétention des mots abstraits par rapport à une méthode traditionnelle consistant à la traduction d’une phrase.Cette thèse ne compare pas directement les degrés d’incarnation entre les actions, les gestes, et l’imagerie mentale, mais démontre l’efficacité de ces trois stratégies lors de l’acquisition du lexique en L2. Notre travail soutient l’intégration d’approches incarnées au sein des environnements éducatifs et ouvre la voie à des recommandations d’utilisation de gestes et de l’imagerie dans l’apprentissage de mots en L2.
Yuting He Zhang (Tue,) studied this question.