CONTEXTES : Définir des priorités est un aspect fondamental de la pratique infirmière ; cependant, tant les infirmiers que les étudiants ont souvent du mal à définir et à appliquer ce concept. La littérature existante a tendance à se concentrer sur l'urgence, la pertinence ou les soins non dispensés, négligeant les processus cognitifs impliqués dans la priorisation. MÉTHODES : Cette étude qualitative a analysé les réponses à une enquête à questions ouvertes de 104 participants - 68 étudiants en soins infirmiers et 36 infirmiers - provenant de deux universités et trois hôpitaux dans le nord de l'Italie. Une analyse de contenu déductive et inductive combinée a été utilisée pour explorer comment la priorité infirmière est internalisée et définie, quels éléments sont considérés dans son identification et quels défis sont perçus dans son application. Cette étude respectait les directives COREQ. RÉSULTATS : Environ la moitié des participants n'étaient pas en mesure de définir avec précision les priorités infirmières. Parmi ceux qui le pouvaient, les infirmiers se référaient le plus souvent à l'urgence, tandis que les étudiants soulignaient la pertinence. Les deux groupes ont identifié les besoins des patients et leur autonomie, l'observation et la communication comme des éléments clés dans la priorisation des soins aux patients. Les défis signalés comprenaient la complexité des patients, les urgences simultanées et les difficultés de communication. Peu de participants ont appliqué des cadres complets, suggérant un écart entre l'enseignement théorique et la pratique clinique. CONCLUSIONS : L'étude souligne une difficulté généralisée à conceptualiser et à opérationnaliser les priorités infirmières, comme le confirment des résultats internationaux. Des interventions éducatives et organisationnelles sont nécessaires pour aider les infirmiers et les étudiants à gérer la complexité et améliorer la prise de décision. Améliorer la clarté conceptuelle et les compétences de raisonnement dans les programmes de soins infirmiers peut réduire les soins non fournis, améliorer les résultats pour les patients et atténuer l'épuisement des infirmiers. Ces résultats soulignent l'importance de mettre à jour les modèles éducatifs et les outils cliniques pour mieux refléter les réalités de la pratique infirmière.
Milani et al. (Sat,) ont étudié cette question.