À travers des théoriciens comme M. Jacqui Alexander, Édouard Glissant, Saidiya Cabrón, Carolyn Cooper et Michelle Wright, ce projet reconsidère la "vulgarité" attribuée aux genres musicaux caribéens, comme le dancehall, le dembow et le reguetón, comme une pratique pédagogique : une manière incarnée et sensorielle de connaître qui remet en question les modes coloniaux et racialisés d'esthétique, de moralité et d'ordre. À travers une analyse de "Fever" de Vybz Kartel, "Sistema de Patio" de Tokischa, et "El Apagón" de Bad Bunny, j'examine comment le son, l'image et le mouvement convergent pour créer ce qu'Alexander appelle des "pédagogies", qui perturbent et instruisent simultanément. Ces pédagogies du vulgaire éclairent l'impact continu du colonialisme et de l'esclavage des plantations dans les Caraïbes, en particulier l'extraction de travail et de capital selon le genre qui continue de façonner la vie quotidienne. Dans ce contexte, la vulgarité n'est pas simplement performée mais inversée, nous incitant à nous demander ce qui est véritablement vulgaire : la musique et la danse caribéennes, ou la violence systémique de la modernité occidentale ? Ces pédagogies mettent en avant la beauté paradoxale de la violence et de la survie, révélant comment les peuples caribéens reconfigurent la "vulgarité" pour façonner le plaisir et la liberté au milieu des contraintes. En adoptant le concept de "temps épiphénoménal" de Michelle Wright, cette étude invite les lecteurs à regarder, écouter et ressentir, nous rappelant que la pédagogie du vulgaire doit être incarnée pour être comprise.
Alexandra Sánchez Rolón (mar,) a étudié cette question.
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