Les acteurs de la durabilité des entreprises travaillent souvent dans des environnements de bureau, spatialement et symboliquement éloignés des écosystèmes que leur travail cherche à protéger. Les chercheurs en management soulignent l'enracinement écologique—immersion à long terme et ancrée dans un lieu au sein des écosystèmes—comme fondamental pour l'interprétation écologique et la pratique durable. Comment, alors, l'orientation écologique émerge-t-elle sans immersion soutenue ? S'appuyant sur des entretiens approfondis avec des professionnels de la durabilité, nous examinons des récits rétrospectifs d'expériences formatrices avec la biodiversité et la nature. Nous introduisons les moments éclair de l'écologie (MEE) : des rencontres vives, directes ou médiatisées avec la biodiversité et la nature, retenues pour leur intensité émotionnelle, leur vivacité sensorielle et leur pertinence cognitive. Les MEE servent d'ancrages interprétatifs durables influents dans la formation des engagements écologiques, même sans immersion continue dans le travail professionnel. Nous contribuons à la théorie en élargissant l'enracinement écologique au-delà de l'immersion continue pour inclure des expériences épisodiques, symboliques et affectives, et en théorisant—s'appuyant sur le composant de rétention de l'interprétation—comment les expériences retenues peuvent conditionner les premières étapes d'une interprétation écologique significative malgré la distance spatiale et symbolique des professionnels par rapport aux écosystèmes.
Quaye et al. (Thu,) ont étudié cette question.