La vue des œuvres musicales comme des universalités structurelles a récemment été présentée comme un candidat plausible pour expliquer la nature des œuvres de la musique classique occidentale. Selon A. R. J. Fisher (Erkenntnis 88:1245–1267, 2023), cette vue explique cinq intuitions de base sur la nature des œuvres musicales : manifestation, répétabilité, créabilité, destructibilité et persistance après la mort du compositeur. Fisher soutient que la vue universaliste structurelle est supérieure aux théories type/token dans la mesure où ces dernières échouent à expliquer la destructibilité et offrent des explications compliquées de la créabilité. Et, dans le cas où elles expliquent les mêmes phénomènes de manière similaire, la vue universaliste structurelle devrait être préférée aux théories type/token car elle est plus parcimonieuse. Cet article remet en question l'attrait de la vue universaliste structurelle sur les théories type/token. Tout d'abord, nous verrons que la vue universaliste structurelle ne peut pas expliquer la destructibilité des œuvres musicales sans nier d'autres intuitions de base sur la persistance des œuvres musicales. Deuxièmement, la vue universaliste structurelle sera révélée comme incapable d'expliquer correctement l'intuition de créabilité, même de manière compliquée comme le font les théories type/token. Et troisièmement, la manière simple dont les théories type/token expliquent comment une œuvre musicale est l'objet intentionnel des performances, des interprétations et de l'appréciation sera contrastée avec les difficultés rencontrées par la vue universaliste structurelle. Ces trois points soutiendront l'idée que la vue universaliste structurelle a moins de pouvoir explicatif que les théories type/token en ontologie musicale, ce qui, à son tour, sape l'argument de parcimonie contre les théories type/token.
Nemesio G. C. Puy (Mer,) a étudié cette question.