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Cet article développe une approche théorique de la stigmatisation dans les relations internationales et repositionne les approches conventionnelles de l'étude des normes et de l'ordre international. Corrigeant la compréhension générale selon laquelle les valeurs et normes communes sont les fondements de l'ordre social, cet article soutient que la société internationale est en partie construite par la stigmatisation des États « transgressifs » et violant les normes et leurs façons de faire face à la stigmatisation. S'appuyant sur Erving Goffman, cet article montre que les États ne sont pas des objets passifs de socialisation, mais des agents actifs. Les États stigmatisés gèrent stratégiquement leur stigmatisation et peuvent, dans certains cas, remettre en question et même transformer un discours moral dominant. Une typologie des stratégies de gestion de la stigmatisation est présentée : reconnaissance de la stigmatisation (illustrée par l'Allemagne) ; rejet de la stigmatisation (illustré par l'Autriche) ; et enfin contre-stigmatisation (illustrée par Cuba). En raison du manque d'accord sur ce qui constitue un comportement normal des États, les tentatives d'imposer la stigmatisation peuvent même avoir l'effet inverse : les stigmatiseurs deviennent les transgressifs. Une attention à la stigmatisation ouvre de nouvelles pistes de recherche sur les normes, les identités et l'ordre international.
Rebecca Adler‐Nissen (Mer,) a étudié cette question.
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