Les déclins globaux des insectes ont suscité un grand intérêt parmi les scientifiques, les politiciens et le grand public. La perte de diversité et d'abondance des insectes devrait provoquer des effets en cascade sur les réseaux alimentaires et mettre en péril les services écosystémiques. Notre compréhension de l'ampleur et des causes sous-jacentes de ce déclin est basée uniquement sur l'abondance de certaines espèces ou groupes taxonomiques, plutôt que sur les changements dans la biomasse des insectes, qui est plus pertinente pour le fonctionnement écologique. Ici, nous avons utilisé un protocole standardisé pour mesurer la biomasse totale des insectes à l'aide de pièges Malaise, déployés pendant 27 ans dans 63 zones de protection de la nature en Allemagne (96 combinaisons de sites uniques par année) pour inférer sur l'état et la tendance de l'entomofaune locale. Notre analyse estime un déclin saisonnier de 76%, et un déclin en milieu d'été de 82% de la biomasse des insectes volants au cours des 27 années d'étude. Nous montrons que ce déclin est apparent, indépendamment du type d'habitat, tandis que les changements météorologiques, l'utilisation des terres et les caractéristiques de l'habitat ne peuvent pas expliquer ce déclin global. Cette perte encore non reconnue de biomasse insecte doit être prise en compte dans l'évaluation des déclins d'abondance des espèces dépendant des insectes comme source de nourriture et du fonctionnement des écosystèmes dans le paysage européen.
Hallmann et al. (Mercredi) ont étudié cette question.