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Cet article introduit le numéro spécial « L'Éthique Technologique en Action : Perspectives Critiques et Interdisciplinaires ». En réponse aux récentes controverses concernant les dommages causés par la technologie numérique, les discours et pratiques autour de l'« éthique technologique » se sont multipliés dans l'industrie technologique, le monde académique, la société civile et le gouvernement. Pourtant, malgré la promesse apparente de l'éthique, l'éthique technologique en pratique souffre de plusieurs limitations significatives : elle est vague et sans incisivité, a un focus myope sur les ingénieurs individuels et la conception technologique, et est intégrée aux logiques et incitations d'entreprise. Ces limitations suggèrent que l'éthique technologique permet un « lavage éthique » par les entreprises : embrasser le langage de l'éthique pour désamorcer la critique et résister à la régulation gouvernementale, sans s'engager dans un comportement éthique. Étant donné ces dynamiques, je décris l'éthique technologique comme un terrain de contestation où le débat central n'est pas de savoir si l'éthique est souhaitable, mais ce que « l'éthique » implique et qui a le droit de la définir. Les approches actuelles de l'éthique technologique sont prêtes à permettre aux technologues et aux entreprises technologiques de se qualifier d'« éthiques » sans modifier substantiellement leurs pratiques. Ainsi, ceux qui s'efforcent d'améliorer structurellement les technologies numériques doivent être conscients de l'écart entre l'éthique en tant que mode d'enquête normative et l'éthique en tant qu'effort pratique. Afin de mieux évaluer les opportunités et les limites de l'éthique technologique, je propose une approche sociotechnique qui analyse l'éthique technologique à la lumière de qui la définit et des impacts qu'elle génère en pratique.
Ben Green (Mer,) a étudié cette question.