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Cet article teste des revendications antérieures concernant l'universalité des modèles de polysémie et d'extension sémantique dans le domaine des verbes de perception. En utilisant des données d'un large éventail (environ 60) de langues australiennes, nous abordons deux universaux hypothétiques. Le premier est le modèle unidirectionnel d'extension proposé par Viberg (1984) qui va des modalités sensorielles supérieures aux inférieures (c'est-à-dire les extensions intradomaines, comme ‘voir’ > 'entendre'). Le deuxième universel hypothétique est celui avancé par Sweetser (1990) concernant l'extension des verbes de perception aux significations cognitives (c'est-à-dire les extensions transdomaines, comme 'voir' > 'savoir'). Elle suggère que la vision a la primauté en tant que modalité à partir de laquelle des verbes d'intellect supérieur, tels que 'savoir' et ‘penser’, sont recrutés, et propose que les verbes signifiant ‘entendre’ ne prendraient pas ces significations, bien qu'ils s'étendent souvent à signifier ‘comprendre’ ou ‘obéir’. Bien que les deux hypothèses attribuent la primauté à la vision parmi les sens, les résultats de notre étude australienne montrent que la proposition de Viberg reste intacte, tandis que celle de Sweetser est prouvée fausse. Les langues australiennes recrutent des verbes de cognition comme ‘penser’ et ‘savoir’ à partir de ‘entendre’, mais pas de ‘voir’. Il semble que, du moins en ce qui concerne les verbes de perception, les changements sémantiques transdomaines soient soumis à une plus grande variabilité culturelle que les changements sémantiques intradomaines. Nous soutenons que le même domaine sémantique peut avoir son côté universel et son côté relativiste, un pied dans la nature et un pied dans la culture, et concluons en montrant qu'il existe de bonnes raisons sociales et culturelles qui stimulent l'extension de ‘l'entendre’, mais pas de ‘voir’, à ‘savoir’ et ‘penser’ dans les sociétés aborigènes australiennes. Milyilyi-lu kulirninpa, langa kulirninpa-lu brain-erg hear/think, ear hear-at him/her ‘Notre cerveau pense/entend, nos oreilles pensent/entendent’ Kukatja, d'après Peile 1997.
Evans et al. (Fri,) ont étudié cette question.