Les herbicides figurent parmi les méthodes de gestion des mauvaises herbes les plus utilisées au monde, en particulier le glyphosate et le 2,4-D, qui se classent parmi les principes actifs les plus vendus en raison de leur activité à large spectre et de leur coût-efficacité. Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé au niveau mondial, tandis que le 2,4-D reste l'un des herbicides sélectifs les plus anciens et les plus fréquemment appliqués. Leur utilisation récurrente soulève des inquiétudes concernant les risques environnementaux, en particulier pour les organismes du sol non ciblés tels que les vers de terre, qui sont des bioindicateurs de la santé des sols. L'objectif de cette étude était d'évaluer le risque que posent les herbicides à base de glyphosate et de 2,4-D pour les vers de terre dans les agroécosystèmes tropicaux, en utilisant Eudrilus eugeniae comme espèce modèle. Deux parcelles expérimentales (15 × 15 m chacune) ont été traitées avec des formulations de glyphosate ou de 2,4-D. Les résidus dans le sol ont été quantifiés par chromatographie liquide à haute performance. Le risque a été caractérisé par les rapports entre les concentrations environnementales prédites et les concentrations mesurées dans le sol, pour les points de fin létaux et reproductifs. Les résultats ont montré que les résidus de 2,4-D ont dépassé la concentration d'effet prédit pour la reproduction (PECrep) pendant la période de suivi de 35 jours, indiquant un risque de réduction de la production de cocons et du succès d'éclosion. En revanche, les résidus de glyphosate sont restés en dessous de PECrep, indiquant un faible risque pour la reproduction des vers de terre. Les deux herbicides sont restés bien en dessous des seuils létaux aigus (LC50), mais les ratios PEC50/CS du glyphosate sont restés supérieurs à 1 tout au long de l'expérience. Globalement, les résultats indiquent que bien que les résidus de glyphosate ne posent pas un risque significatif pour la reproduction des vers de terre, les herbicides à base de 2,4-D présentent un risque écologique potentiel. Ces résultats soulignent la nécessité de considérer attentivement le type d'herbicide dans les stratégies de gestion intégrée des mauvaises herbes et de compléter les évaluations de risque réglementaires par des évaluations sur le terrain.
Toure et al. (2026) ont étudié cette question.