Contexte L'utilisation d'antimicrobiens chez les animaux peut contribuer à la résistance aux antimicrobiens (RAM), ce qui représente des risques directs pour la santé et le bien-être animal et peut potentiellement affecter la santé humaine puisque certaines maladies touchent à la fois les animaux et les humains. Cette étude a déterminé le niveau de sensibilisation à la RAM parmi les éleveurs de bétail dans le nord de l'Ouganda. Méthodes Une étude transversale communautaire a été menée auprès des éleveurs de bétail dans trois districts du nord de l'Ouganda, à savoir les districts de Gulu, Omoro et Amuru. Un questionnaire structuré a été utilisé pour collecter les données. Résultats Les données de 246 participants, avec un âge médian de 38 ans (intervalle interquartile : 29–50 ans), ont été analysées. La plupart des agriculteurs avaient atteint un niveau d’éducation primaire (n = 125, 50,8 %) et cultivaient des cultures comme principale activité économique (n = 88, 35,8 %). Les chèvres étaient les animaux les plus couramment élevés (n = 167, 67,7 %). La distance médiane jusqu'à la pharmacie la plus proche était de 2 km (intervalle interquartile : 1–5 km). La plupart des agriculteurs avaient une bonne connaissance de la RAM (158, 64,2 %), plus de la moitié des agriculteurs (n = 134, 54,5 %) ayant entendu parler de la RAM, mais seulement 48 (35,8 %) en comprenaient la signification correcte. La majorité des agriculteurs (n = 220, 89,4 %) considéraient la RAM comme un problème important en agriculture, un grand nombre d’entre eux (n = 133, 54,5 %) choisissant de demander conseil aux vétérinaires pour la prévention. La plupart des agriculteurs utilisaient les antimicrobiens de manière appropriée (219, 89,0 %), 203 (82,5 %) ayant utilisé des antimicrobiens au cours des 12 derniers mois. La majorité obtint les médicaments et leur posologie auprès des vétérinaires (n = 184, 74,8 %), la majorité respectant la posologie recommandée (n = 227, 92,3 %) et les périodes de retrait appropriées (n = 221, 89,8 %). Dans l’ensemble, peu d’agriculteurs (n = 81, 32,9 %) ont reçu une formation sur la RAM, plus de la moitié ayant été formés par des professionnels vétérinaires (n = 41, 55,4 %). La principale source d'information était les professionnels vétérinaires (n = 181, 73,6 %), suivis par les stations de radio (n = 160, 65,0 %). En utilisant une régression logistique avec un seuil de signification statistique à P < 0,05, le niveau d’éducation secondaire était le seul facteur influençant significativement la sensibilisation à la RAM lors de l’analyse multivariable (aOR : 1,85, IC à 95 % : 0,80–4,26, P = 0,030), tandis que la tranche d’âge 52–85 ans était le seul facteur significativement associé à des pratiques appropriées lors de l’analyse bivariée (cOR : 8,10, IC à 95 % : 1,07–61,37, P = 0,043) et lors de l’analyse multivariable avec une signification plus forte (aOR : 11,19, IC à 95 % : 1,50–83,36, P = 0,018). Une analyse du chi-deux, avec un seuil de signification à P < 0,05, montra une différence significative dans l'accès aux services vétérinaires selon les districts (P = 0,014) et une association très significative entre la formation et des pratiques appropriées chez les agriculteurs (X² (1) = 13,048, P = 0,000). Conclusion La plupart des éleveurs de bétail avaient une compréhension limitée de ce que signifie précisément la RAM, ce qui met en évidence une lacune importante en termes de connaissances.
Kato et al. (Mon,) ont étudié cette question.