La pratique régulière et à long terme de sports d'endurance augmente-t-elle le risque de fibrillation atriale et de flutter chez les athlètes ?
La pratique régulière et à long terme de sports d'endurance est associée à un risque multiplié par 2 à 10 de fibrillation atriale et de flutter, mettant en évidence un effet cardiovasculaire indésirable potentiel de l'exercice extrême.
Bien que les bienfaits de l'exercice régulier dans le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire aient été largement démontrés, on sait peu de choses sur les effets cardiovasculaires à long terme de la pratique régulière et extrême de sports d'endurance, tels que le jogging, le cyclisme, l'aviron, la natation, etc. Des données récentes issues d'une petite série suggèrent une relation entre la pratique régulière et à long terme de sports d'endurance et la fibrillation atriale (FA) et le flutter. Les études cas-témoins rapportées ont inclus moins de 300 athlètes, avec un âge moyen compris entre 40 et 50 ans. La plupart des séries ont recruté uniquement des patients de sexe masculin, ou plus de 70 % d'hommes, qui s'étaient investis dans un entraînement intense pendant de nombreuses années. La pratique d'un sport d'endurance multiplie par 2 à 10 la probabilité de développer une FA, après ajustement pour les autres facteurs de risque. Les mécanismes possibles expliquant cette association restent spéculatifs. Des extrasystoles atriales, des modifications inflammatoires et la taille atriale ont été évoquées. Certaines des études publiées ont révélé que la taille atriale était plus importante chez les athlètes que chez les témoins, et qu'il s'agissait d'un facteur prédictif de FA. Il a également été démontré que l'atrium gauche pouvait être dilaté chez jusqu'à 20 % des athlètes de compétition. D'autres mécanismes proposés sont l'augmentation du tonus vagal et la bradycardie, affectant la période réfractaire atriale ; cependant, cela pourrait faciliter l'arythmie plutôt qu'en être la cause. En résumé, des données récentes suggèrent une association entre la pratique de sports d'endurance et la fibrillation atriale et le flutter. Le mécanisme sous-jacent expliquant cette association reste flou, bien que des modifications structurelles atriales (dilatation et fibrose) soient probablement présentes. Des études longitudinales plus vastes et des études mécanistiques sont nécessaires pour mieux caractériser cette association afin de préciser si un seuil limite d'intensité et de durée d'activité physique pourrait prévenir la FA, sans limiter les bénéfices cardiovasculaires de l'exercice.
Mont et al. (Thu,) ont étudié cette question.
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